Le ventre d'Ivi Kromm

Journal de bord, transport en commun et digestion de vers.

27 mars 2009

Nouvelle fermeture du ventre. RDV NOMBRIL.

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13 mars 2009

Toulouse encore

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Nombreux ceux qui poussés par l'ivresse à l'extrême
Deviennent violents, vulgaires ou ennuyeux
Le vin rouge du Sud a des effets bien mieux
Il rend tactile et doux, les serveurs sont des crèmes.

Les visages sont les mêmes, les coiffures de mémères, le maquillage ridicule, mais elle ouvre la bouche: elle ne parle pas comme nous! Elle a ce drôle d'accent qui n'est pas étranger mais que je n'oserais utiliser. Un nouveau découpage sonore. Une nasalisation vibrée. Une mélodie langoureusement frappée. "Que prendrez-vous?" dit-elle, la main sur l'épaule du client.

Bienveillance et joie de vivre. Le vin s'aime il ne s'engloutit pas, ne se crache pas, ici on le connait. On le maitrise, ici, on est lié à lui. On sait, en fait, on sait, on est vivant tout simplement. On est le peuple et on a tout compris.

25/02/2009 Toulouse
Au Père Louis, Rue des Tourneurs.

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12 mars 2009

Retour à Toulouse

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Toulouse cette année a changé de visage. Ou alors c'est moi qui ai changé: je suis définitivement céphalophore. J'y suis venu cette fois comme dans un refuge, je l'ai prise comme une roue de secours que j'avais très envie d'utiliser. Il fallait simplement attendre qu'une bonne roue casse.
Comme Texas venant Vieilles Charrues après l'annulation de Bowie, en remplaçant de luxe, Toulouse m'est apparue après Paris. Comme Obama après Bush. Je vomissais la capitale et l'on m'offrait l'accent joyeux du Sud-Ouest, les histoires folles des clodos de la gare et la patronne du plus vieux bar de la ville qui m'interrompt pour me dire: "Vous êtes en train d'écrire un poème?".
Je me suis baladé toute l'après-midi dans le majestueux musée des Augustins, j'ai pris des statues en photo et suis resté ébahi par les énormes et magnifiques tableaux, Routard en poche. Dans le cloître, j'ai fumé ma dernière gauloise. Ce soir, j'en reviens à ma chère fleur. Demain, où irai-je demain? A St Jérôme? A la Garonne? Toulouse est calme, paisible, elle est plus conviviale que la prison dorée que j'avais vu l'année dernière.
Je suis discret, solitaire, passe-partout. J'ai les clefs de la piaule de la Barrière de Paris dans la poche. J'ai. J'ai. J'ai la main usée et prête à prendre. J'ai une main d'homme, et sous elle les cordes font: Ré. La. Mi.

25/02/2009 Toulouse
Au Père Louis, Rue des Tourneurs.

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11 mars 2009

Monte le son

Fume au loin tes gauloises
Assise sur mon sang!
Je crois que si je croise
Ton regard arrogant
Je détruis, ratiboise
Ton crâne car à cran
Toi, ville villageoise
Tu as mis ton amant.

Février 2009.

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06 mars 2009

Train de nuit

Comme je n'ai pas pu prendre l'avion à cause de ma carte d'identité, j'ai décidé de descendre à Toulouse. Je me suis arrêté, pour la première fois de ma vie, à St Pierre des Corps et puis j'ai dû remonter vers Paris pour prendre une correspondance aux Aubrais Orléans. Les deux gares évidemment n'ont plus de bars ou de sandwicherie ouverts après 20h30 et je me suis retrouvé à les arpenter dans tous les sens pour trouver à manger. Ce n'est qu'aux Aubrais que j'ai encore une fois réalisé qu'on gagne en temps et en argent à faire soi-même son parcours en plusieurs billets, car si mon trajet était le moins cher des Paris-Toulouse, tout aurait été plus simple si j'avais pris un Paris-Orléans puis une navette jusqu'aux Aubrais. Ça m'aurait évité un aller-retour absurdeen région Centre et ça m'aurait aussi permis de manger tranquillement, car le temps que je demande à une jeune fille de m'indiquer quelque chose, le dernier tram avant 25 minutes était parti. Moralité: c'est partout pareil, faut connaitre.

Comme je ne suis plus adepte du ventre vide je me suis résigné à m'adresser aux distributeurs qui allaient une nouvelle fois me confronter à l'absurdité anecdotique mais si délirante dans ces moments! Distributeurs de bouffe, donc: je mets deux euros puis regarde un peu les choix. Je me souviens que dans le temps j'avais octroyé aux snickers le meilleur rapport nourrissant/prix. Je tape le numéro 32, je tourne... Les snickers avancent... Et le tire-bouchon s'arrête juste avant qu'ils ne tombent. Je n'y crois pas. Je reste planté là une minute puis tente de petits coups sur la machine - sans effet - avant de me lancer sur les quais à la recherche d'un contrôleur. Personne. Je fais des allers-retours entre la machine et les quais puis me replante face à elle, incapable. C'est alors que sans trop y penser j'ai l'idée d'appuyer sur "retour monnaie". Et voilà deux pièces d'un euro qui arrivent! Enjoué, je les inserre aussitôt dans le distributeur - après une hésitation, quand même - et refais le 32. Les snickers tombent, le tire-bouchon continue de tourner... J'espère en secret qu'un deuxième lot va suivre le premier: bingo! Et me voilà avec quatre snickers. Ensuite j'opte pour le cappuccino. Il y a du café partout par terre alors je maintiens le gobelet qui se remplit, me méfiant de cet automate comme de la peste. Il ne rend aucune monnaie. Sur ma lancée depuis les snickers, j'appuie sur "retour monnaie" et il me renvoit un euro: parfait puisque c'était 1€10 et que j'ai mis 2€! Ça a l'air de rien comme ça mais ça m'a procuré une joie intense. Alors je suis allé m'asseoir pour déguster tout ça et me rappeler combien les snickers c'est dégueulasse et pâteux et le cappuccino de gare plus que douteux. Dans 40 minutes, je prends le train couchettes à destination de Toulouse Matabiau.

J'y arriverai à 6h41, et puis j'irai boire un café avant de chercher l'immeuble de la pote de ma pote qui a le double des clefs et qui va me les lancer du balcon car elle ne peut sortir, étant très malade. Avec ça je chercherai l'immeuble de ma pote et passerai la journée à méditer sur mon triste sort avant de préparer le dîner et de rigoler avec elle à mon voyage, à moi, à nous.

23/02/09 Les Aubrais Orléans.

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05 mars 2009

La cafèt' des voyageurs...

Bon Dieu: pourquoi faut-il, pour accéder aux délices du voyage, passer par ces endroits cauchemardesques? On ressemble à des fourmis. Ce midi, à Rennes, j'ai tiré 50€. Je parie que demain y a plus rien.

Un dernier épisode pour la route. Ou deux.

Sur la table devant moi, deux ou trois familles étrangères. Portugaises, peut-être. J'ai du mal à reconnaitre leur langue. Ils sont horribles, il puent le fric. Les enfants pleurent, se font frapper par leurs pères et brièvement consolés par leurs mères avant d'être oubliés: tout le monde bouffe vulgairement et dans l'indifférence. Au moment de partir, ils laissent évidemment leurs tables pleines de tous leurs déchets amoncelés sans gêne aucune. Un gosse avec son gros nounours Mickey pousse sans s'en rendre compte un des tas d'emballages et de restes; gagné, une tasse et une soucoupe viennent s'exploser par terre. Immédiatement, deux serveurs noirs en pantalons de costume noirs et T-shirts noirs avec logos de l'enseigne accourent en disant "C'est pas grrrave!" de leur très fort accent et se mettent à tout nettoyer pendant que les familles s'en vont en soupirant.

Suite de mes aventures dans la cafèt': le croissant (encore plus immonde que le sandwich) est à 1€75 (plus d'un euro de plus que dans une boulangerie bretonne) et le café à 1€80. A qui va tout ce fric bordel?
Je vais redescendre fumer une clope en me frayant un passage entre les poteaux en métal étroitement disposés sans autre raison apparente que de faire chier le monde en face des escalators, et puis j'irai à l'enregistement, et puis j'aurai encore du temps à tuer! J'ai pas encore goûté au café, mais son odeur parle pour lui.

Allez ça y est, j'y vais, Voyageurs, si vous vous retrouvez ici un jour, sachez que vous pouvez avoir un sandwich baguette au choix et une bouteille d'eau plus un sachet de chips pesant tout de même 45 grammes pour 10€. Le prix de quatre coreff ambrées: on n'est pas bourré mais on vomit pareil!

23/02/09 Orly.

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