Le ventre d'Ivi Kromm

Journal de bord, transport en commun et digestion de vers.

01 février 2009

Je souris

J'ai piétiné longtemps puis dansé et ri au son de la voix absurde et pertinente de Feriel. Les enfants jouaient et observaient le monde depuis le capot... Place Hoche, on s'est retrouvé tout seuls: le chariot était bloqué à l'entrée de la rue St Melaine et le reste était loin, loin devant... Alors on s'est arrêté manger à Ste Anne. J'ai fini par trouver des bouts de jambon dans mon panini quatre fromages, alors on est allé parler musique ailleurs, et puis ça a été l'heure de rejoindre la grande assemblée. C'était difficile. Je restai jusqu'au bout, seul, ne trouvant pas de crochet adaptable aux connaissances que je croisai, non, je ne trouvais pas ma place. Personne ne semblait trop trouver sa place. Ce sera dur, très dur, et sans doute très décevant.  J'en serai, donc.

Hier soir, je passai quelque temps dans un concert gratuit à la Cité. Au départ, il y avait un groupe de funk, pas très original au premier regard, des jeunes babas qui faisaient de la musique pour jeunes babas avec clichés et instruments de jeunes babas. Mais ils étaient bon et je finis par me laisser prendre à leur jeu. Je retrouvais la danse: les pieds, d'abord, puis les jambes, les hanches, les épaules... Bientôt je finirais même par sortir les mains de mes poches. Ensuite il y eu de gentils kabiles et puis enfin un enchainement de groupes de rap / hip-hop. Faut arrêter maintenant. Faut arrêter, les éducateurs, les animateurs de quartier, le discours du "s'en sortir par le rap" et bla bla bli et bla bla bla. C'est affligeant le résultat. Ils savent pas ce qu'ils font! Pourtant y en a qu'ont du talent là-dedans, qui balancent bien, qu'ont un truc, quoi. Mais qu'on leur apprenne à faire de la musique, s'il vous plait, c'est pas vous qui venez les voir après, vous achèterez pas leurs disques.

Chez moi, il y a une odeur que j'aime pas. Je crois que je pue.

Nous voilà attablés et les mets délicieux
Parfument nos narines et ravissent nos yeux:
Je souris,
Et vous restez sérieux.

Nous sommes dans la rue, nous marchons côte à côte
Le soleil est radieux, tout va bien mais sans faute:
Je souris,
Vous gardez têtes hautes.

Quand la musique avec la foule nous entraine
Que chacun veut chanter, danser, lâcher les rennes:
Je souris,
Mais vos soupirs s'enchainent.

Nous ne sommes plus que du hasard
Nous ne vivons plus que de mémoires;
J'ai beau sourire
Vous dîtes qu'il est tard...

C'est vrai qu'il est tard et puis la pluie vient des cieux
Nous faire murmurer nos courts au revoirs anxieux:
Je souris...
Vous restez silencieux.

Chapitre Janvier, fini.

Posté par Ivi Kromm à 13:33 - Bla bla[0] - Perma [#]

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