Le ventre d'Ivi Kromm

Journal de bord, transport en commun et digestion de vers.

24 septembre 2008

Au passage

9_Il_est_temps

Je suis donc là dans mon futur observant un peu. Observons un peu.
J'étais sorti du métro les bras chargés, j'avais tout un tas de trucs dans ma besace. En sortant d'un jour à l'autre je la croisais, je lui filais mon ticket, j'appelai ma soeur qu'elle vienne m'aider et elle se ramenait trop tard avec celle-là. Pas vraiment confiance. Trop... Et du coup la soeur se laissait à nouveau emporter dans ses délires excluant, m'excluant au son du marteau piqueur sur le pavé de la rue Legraverend. J'en grillais une.
Je m'étais aperçu aussi qu'on n'a jamais rien de ce qu'on pensait avoir. J'aurais dû m'en douter. Ils n'étaient pas là alors qu'ils disaient qu'ils seraient à la hauteur. Souvent je me dis que c'est moi qui ne suis pas à la hauteur et ce week-end encore peut-être c'était vrai. Mais sur ce coup là please... Rappelle-moi quand tu sauras ce que tu veux. Alors j'allai découvrir ce que pouvait être une Kefta, et, merde, c'était de la viande, la rue de la soif paraissait bien pour manger et j'errai comme ça dans la grosse.
Et j'errai comme ça... Tout à coup j'y fus. Oh, un petit parcours, hein, pas grand chose mais...
Rue St Malo. Rue St Michel. Les deux petites places: Tristan et Yseult, un restaurant bèrbère. Toulouse ou rue de la monnaie? Clisson. Basilique St Sauveur et sa rue, puis s'engoufrer dans les Monfort et se dire St Yves, Notre Père, Dieu que ta rue est glauque oh et puis... Rue du chapitre. Chapitre 1, 2, 3, passage chez les Georges et rapidement sur les quais avec une certaine grandeur, et sans le savoir retour dans la longue monnaie pour rire, face à la cathédrale, avec la rue des Dames. Tant de restaurants à visiter. Tant de sauts à faire, de gerbes à poser, ce pavé, ce pavé puant m'appelle et par le passage étrange de la rue des portes Mordelaises qui me rappelle vaguement Brest j'arrive aux Lices. Place du marché. Un marché s'il vous plait, mais à cette heure de la nuit, les tables en terrasses vont et viennent, le Lounge n'en a plus mais voilà tel pub qui en a. Je remonte.

Me revoilà face à Ste Anne, vierge et pute à la fois, et la soeur sortira un lit d'une commode où je m'installerai avant la tempête matinale. Je ne reviendrai plus, sans doute, pas tant que l'autre sera là car alors nous ne valons plus rien. La poudre aux yeux, elle croit que c'est moi, mais je l'ai observée hier soir et elle avait les traits maternels. Je retournerai donc chez les voleurs de chaises et j'y serai bien. J'irai peut-être chez les louves qui baisent les rêves, les matins.

Ma peau s'altère, puisque j'ai bloqué au mal les autres passages, j'ai lutté contre lui par tous les moyens et voilà qu'il s'attaque à ma peau mais qu'il fasse! La grosse, elle, se fait mienne, et je ne tombe plus.

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23 septembre 2008

Très bientôt

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Ivi porte un fauteuil sur sa tête. Longtemps il l'a cherché, longtemps il a couru dans des endroits, bon, dans des endroits, et puis de l'autre côté de la barrière un pote lui a passé ce fauteuil, un soir. Ivi l'a posé sur sa tête et il a pris la rue, la rue dans cette nouvelle ville, la rue dans la Rennes la grosse à défaut d'être grande, et quand enfin Ivi aura trouvé son refuge, alors il s'assiera, et sur la table basse il y aura des thermos de thés, des cafetières sales, des bocs et des flûtes, un cendrier et peut-être des Pim's orange et framboise enfin, la sous-marque bien entendu.
Alors bien calé dans son fauteuil il vous dira ce qu'il n'a pas dit.
Il dira la dépression,
Il chantera deux trois couplets,
Il contera l'histoire de ceux qui quittent leur maison et vont vers des palais...
Et puis vous verrez enfin cette grosse connerie de géant.
Ivi sera bientôt un géant dans Rennes la grosse.

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04 septembre 2008

Le géant qui tutoyait les statues.

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C’est l’histoire d’un géant qui partait comme ça se balader de gauche à droite. La voici à l’endroit, et puis vous la verrez à l’envers, dans l’idée de la voir à l’endroit, à la fin. Tout ça à cause d’une balade qui devint ballade…

La Ballade à Edimbourg

C’était un géant qui allait de gauche à droite
Il dansait dans les champs, courait les rues étroites
On le disait sonné, il était un peu sourd
Et voilà qu’il se dirigea vers Edimbourg.

Malicieux et espiègle, allant chatouiller Hume
Où toute autre statue qui disait « I assume
Mon statut de statue ! », il gambadait partout
Ne voyant à ses trousses les policiers fous.

Profitant de son sommeil ils le transportèrent
Aux portes de la ville où son réveil amer
Le perturba un peu mais bien vite la joie
De retrouver Edimbourg la cité des rois

L’emporta tout entier. Il gambada encore
Marié à l’innocence à la vie à la mort !

23/08/08, Kerinou

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03 septembre 2008

Me vois-tu ?

tout__a_c_est_pour_rire

Regarde au travers d’une vitre – me vois-tu ?
Peux-tu me distinguer, bien calé dans mon siège ?
Je relève les yeux, en Champagne, en Ariège
Recroquevillé, ramassé sur mes mains nues.

J’observe un instant le passage des lumières
Mais mon grand visage mat s’étale sur la vitre
J’ai l’air sérieux – pour rien je ne ferai le pitre –
Que la faible clarté du wagon me suggère.

De lunettes discrètes en longues mèches fines
Qui jamais n’en finissent de me protéger
Dans mes grands yeux noirs tu vois que je t’imagine.

– Quelques notes de piano quand la voix s’éteint… –
Me vois-tu maintenant, perçant, presque effacé ?
Te sourire et m’endormir, apaisé enfin.

21/08/08, Kerinou.

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