02 juillet 2008
J'ai pas mal à vous dire mais ne vous dirai rien.
Jim, ou Ptolémée? Maladresse, mal à l'aise? Je bois des bières. Une, puis deux, etc, et demain je vais chez le médecin. Je cherche des diplômes, je me bats contre des choses bizarres et flippantes. J'ai envie de ci, de ça, et puis non. J'ai envie d'argent, mais surtout, surtout je n'en veux pas. Il parait qu'à moins de cinq cents mètres eh bien, il y a le tour de France!
Ce soir je serai dans les troquets désertés.
Je ne sais plus qui je suis, je vais me raser.
Allez, parle-moi bon sang!
Mais non, je n'ai rien dit, non, non, Brest est calme, calme et je suis si fatigué.
24 juin 2008
Alors nous y voilà.
Je suis Jim. Jim Kromm. Jim Krott. Jim. C'est venu avec l'évidence de la clope après le repas. De plusieurs endroits, plusieurs inspirations, des retrouvailles et des découvertes que tout recoupait. Comme c'était Claude à une époque. Je suis même Cousin Jim, le rural, je n'ai plus mes lunettes de soleil, je n'ai plus grand chose, dès que je trouve une pièce au fond d'une poche, je la dépense, et c'est fatalement la merde partout devant moi mais je m'obstine à avancer le sourire aux lèvres. Pourtant, tous autour de moi, ceux que je vois, ceux que je lis, ceux que j'observe et ceux que je rencontre, tous ont quelque chose qui ne va pas. Tous ont leurs petits problèmes, leurs gros problèmes, leurs grosses émotions plus ou moins intéressantes et c'est dur.
Soit. Pour moi tout va bien. Coincé chez les vieux fous qui cherchent mon sang en bons vampires qui se respectent, je donne une goutte et je cicatrise. Je gère. Comme un funambule étonné de ne pas tomber. Je suis le funambule... J'évolue dans la ville et... Vous la connaissez celle-là. Jim n'est pas funambule. Il s'est retrouvé sur le fil en suivant un cirqueux quelconque et merde, ça marche!
A partir de maintenant, les week-ends vont être sérieux et pragmatiques, les semaines délurées. Je vais ainsi demain prendre mon sac sur mon dos les yeux à moitiés fermés et préparer la série de week-ends pragmatiques et puis mercredi c'est parti. Soi-disant on pique-niquerait... On verra. Le soir j'irai voir le frère lancer ses ballades tranquilles devant un public de babacs, le lendemain je me transformerai en intellectuel et hop j'irai voir la littérature en débat avant d'oublier ça à tout jamais pour aller boire tout ce qui rentrera avec des physiciens.
Les couleurs claires, ça me va pas. Le jaune, le blanc. Pas du tout. Je me force, on va voir ce que j'arrive à en faire. J'ai un peu le cul entre deux fauteuils moelleux: soit je fais ce que je veux faire ou imagine vouloir faire ou même imagine faire, soit je fais ce que je sais faire et qu'on s'attend peut-être à trouver ici, et qui en plus me plaira. Je ne sais pas. Je vais donner nourrir le PROJET KROMM en reprenant tout ce que j'avais mis dans le monde, déjà, et tenter de retrouver le symbolisme, ça devrait être facile. Ensuite, que faire de tous ces textes... Je sais pas encore mais je vais trouver. Sélectionner ceux que j'aime le plus, les lire et les relire, boucher les trous d'air en suspendant des trucs et me les offrir sur un plateau.
Ce qui se passe aussi, c'est que j'ai presque trop d'amis. Ils sont là autour de moi à me demander alors que je ne trouve personne quand je les cherche. Moi ça me va bien, hein, ça fais des sourires et des sauts gracieux et tout ça mais qu'on ne vienne pas me demander de la fidélité quand on n'a pas été foutu d'en offrir. J'en ai plus! J'ai beau chercher j'en ai plus. J'ai par contre des frères de sang. Et ça, ça me donne assez de travail et de passion comme ça.
Il faut aussi que je me lave.
Voilà, une énième introduction, car Jim il sait pas bien faire le boulot d'Ivi. Il sait introduire, surtout. Mais des fois il connait des histoires, quand même... Alors voici l'histoire de Carol.
Carol c'était une jeune fille vers la vingtaine, là, vous savez, plutôt pas mal et fut fut mais bon, un peu dans ses rêves. Au début elle marchait sur des cordes au-dessus des rues pour retrouver l'homme qui promettait de l'attendre à sa fenêtre, mais il n'était jamais là alors elle se cassait la gueule sur le bitume et ça se finissait à l'hosto, à chaque fois. Et puis il y a eu cette doctoresse, comme il faudrait dire, une drôle de doctoresse avec un accent russe très prononcé et une toque blanche, qui se penchait sur son lit en disant "rrrah, rrrah, je vois bien que ça ne va pas, ce n'est pas votrrrre jambe, ce n'est pas votrrre bras, je vais vous débrrrocher, comprrris?" En sortant, une semaine plus tard, Carol se sentait légère, légère, et elle sautillait de joie même si chaque pas lui faisait mal à cause des trous dans ses pieds. Elle avait l'air d'un pantin déglingué. Elle était de toute beauté pour qui aime les robots, et une énorme abeille la transperça de son dard sous les sapins dans le parc. Elle s'endormit. A son réveil, il faisait beau, l'herbe grasse sous elle était un vrai délice, et des papillons bleus et jaunes allaient et venaient dans l'air. Elle se retourna, sans se lever, et il y avait là penché au-dessus d'elle un jeune brun assez maigre et il faut bien le dire, il était magnifique avec ses traits droits et son regard perçant, il était comme un jeune premier avec un t-shirt de marin, quelque chose avec des rayures en tous cas, et ils s'embrassèrent ainsi pendant de longues minutes, puis quand il la redéposa sur le sol elle s'exclama dans un sourire: "du hast den farbfilm vergessen, mein micha!" Il sourit aussi, ne comprenant rien, et ils vidèrent un paquet de Pall Mall tout neuf, se regardant, faisant des grimaces et pouffant de rire sans rien dire. Quand le paquet fut vraiment liquidé, il l'embrassa encore et elle se rendormit. Elle se réveilla encore: cette fois, elle était entourée d'une femme de ménage et d'un caniche, et elle resta à la dévisager, avant de se rendre compte que la femme la dévisageait aussi, alors elle se leva enfin complètement et prit cette femme dans ses bras en lui disant: "Vous êtes ma soeur, n'est-ce pas?". La femme la serra chaleureusement contre elle puis lui montra, en souriant, le chemin qui la mènerait hors du parc. Il y avait là, à la sortie, une table avec tout un tas de petits sandwichs au thon et aux crudités, c'était brumeux...
Elle mangea à sa fin et couru dans la brume où elle dansa quelque temps, ne voyant rien, puis découvrit des rues, des ponts, des immeubles! Elle était à Edimbourg. Rapidement, elle trouva à se loger chez un couple de jeunes retraités et elle sortit le soir sur Grass Market pour picoler avec les clodos. Quand elle fut bien bourrée, elle se rendit compte que les flics entouraient sa bande et qu'il fallait agir. Sans réfléchir, elle s'interposa entre les flics et les clodos, ouvrant ses deux bras pour que ceux-ci restent à l'abri derrière elle, alors que les soldats avançaient sur elle, bouclier en avant, matraque à la main, rampant presque. Elle cria "Good Fortune! Good Fortune!" et se mit à sauter en avant comme une chèvre tout juste adulte et les hommes cagoulés s'arretêrent.
Alors, dans le noir réfléchissant des boucliers, elle vit une lueur, elle vit... des images... La pologne. 1988, Wroclaw, capitale de la Silésie. Elle vit tout un tas de choses et puis une femme, une jeune femme sur une scène énorme, avec des milliers de gens devant elle, et la femme avec assurance lança quelques notes de guitares et se mit à chanter.
Je m'en souviens, Dublin en hiver...
Et tu t'en souviens aussi, Carol, dans sa voix magnifique, tu ressens tout à coup sa douleur et sa rage, cette force qui fait que ce qu'elle dit est vrai. Sa présence. Et Carol voulut dire, je suis, je... pardon! Je t'en prie, je... Elle avança vers la fille et voulut la prendre dans ses bras mais se heurta violemment au métal des boucliers. Alors, lentement, elle repris conscience et releva timidement les yeux, découvrant des dizaines de paires d'yeux rouges, sans visages, la fixant. Sans expression. Elle voulut se lever... mais voilà qu'ils se jetèrent sur elle, tous, et la pressèrent entre leurs boucliers, elle recevait des coups de matraque sur la tête comme elle était envoyée dans tous les sens et ça n'arrêtait pas, ça n'arrêtait pas!
Son corps gisait sur les pavés de Grass Market, et la pluie bientôt vint nettoyer le sang. C'était le matin et les gens, courant vers Dieu sait où, relevaient un coin de capuche pour observer, mais ne s'arrêtaient pas. Elle ouvrit un oeil, puis l'autre, et resta ainsi sous l'orage, ne pouvant bouger. Il y avait des travaux, des travailleurs, et alors que Sherlock Holmes passait enfin la statue du Chien, en sa direction, une grosse boule transparente vint heurter sa main. Elle se leva et suivit cette boule, qui roulait par les rues comme si elle l'avait toujours fait. Quand Carol n'en pouvait plus de boiter, tenant sa tête ensanglantée entre ses mains, elle s'arrêtait contre un mur sous la rivière descendant d'une goutière ou s'affalait dans une flaque sale, la boule s'arrêtait, comme pour l'attendre.
Et puis la boule s'arrêta complètement devant une petite porte en bois. La porte s'ouvrit, et une superbe grande blonde virevoletant dans une longue robe blanche apparut et prit Carol dans ses bras, l'embrassa, folle de joie: "Te voilà enfin, ma belle, je t'attendais! Mais tu es là, viens, entre, je suis la première des trois soeurs, tu vas te reposer un peu contre moi, d'accord? Le chemin n'est plus long, maintenant, je suis là.
Je ne peux pas te soulager mais je suis là et tu es sur le bon chemin. J'ai l'air folle et irréelle mais tu dois me faire confiance: tu es sur le bon chemin."
Tred, nuit du 23/06.
La grande blonde, princesse de Hongrie, c'est moi.
23 juin 2008
Propre au ventre
A la fête de la musique, où enfin les squatteurs de rue peuvent un peu s'exprimer, il y avait, par exemple, Trouz an Noz. Punk et crade à souhait.
Ça y est, définitivement, une page s'est tournée. Je commence même à oublier certaines choses, le nom des rues d'une ville qui disparait sous la brume à mesure que la voiture grimpe les montagnes, loin là-bas, et puis plus loin, et puis plus loin, et puis plus rien.
Le ventre, je l'avais ouvert pas longtemps avant de faire le chemin inverse, histoire de tenir un journal de bord, de transporter avec moi ceux qui voulaient faire un bout de chemin, de digérer aussi des vers qui n'avaient pas leur place dans mon monde. Petit à petit, le ventre s'est imposé comme un premier lieu de publication, jusqu'à devenir exclusif. Il le restera, même si Ivi Kromm ne dort plus près de Cliff Railway au pied de Constitution Hill, même si ici dans ce bout de brousse bien vivant c'est à pied qu'on se transporte le plus, quand on se transporte. Ou alors on s'arrange.
Le ventre restera aussi ce lieu d'expression brute et sans filtrage préalable où tout et n'importe quoi est passé en 100 morceaux.
Il sera moins, sans doute, un micro de Gens Normals (CD en vente dans les espaces culturels Leclerc locaux, disaient-ils au concert samedi soir), mais peut-être plus une tribune libre si ceux qui y passent y pètent un coup. Faut voir.
J'ai pleuré beaucoup en quittant la grande blonde, et puis tout est allé par étape, je savais mais ne savais pas, j'ai cherché ma route en sens inverse dans l'énorme Birmingham et suis arrivé à Brest, joyeux, comme si j'acceptais enfin tant de choses, comme si j'étais, comme disent les gens sans trop réfléchir, réconcilié avec moi-même, sachant peut-être pas plus qui j'étais, ni où j'allais, mais comment je voulais y aller, avec la joie de vivre chevillée au corps. Et le croirez-vous? J'y arrive plutôt bien, seule HERBERT et sa fratrie (pour les initiés) ont réussi à me déboulonner une fois ou deux. J'm'en tape. Je ne suis plus qu'un. Je vais n'être plus qu'un. Pour de bon.
Alors non, nous ne sommes pas encore au trou du cul.
Nous changeons d'intestin.
Tred, 22/07/2008
Patti Smith, Hey Joe, Seattle, 2000.
16 juin 2008
Et si la centième c'était d'la merde?

Pourquoi? Parce-que je me suis quand même emmerdé à faire des trucs débiles comme ça pour le skwat péteux, tout ça à cause d'un val où ne chante pas une rivière finalement on dirait, du moins elle est bien calme, mais c'était drôle. Bon. Donc histoire de ne pas avoir fait ça pour personne, hop, voilà le ventre muni d'une nouvelle bannière. Parce-que aussi mes trucs en réserve ne sont pas aboutis, du tout, et que là ça vient pas, point. Je sens même d'ailleurs que ça va moyennement venir d'ici... une bonne semaine. Trop de choses dans la tête, ça vide là main. Et puis rajouter quelque chose à ce que vous pouvez lire ci-dessous et qui me fait tellement rire et dont je suis tellement fier alors vous imaginez c'est pas simple. Ah merde, Carla revient dans le poste. Faut que j'la supprime, merde, merde, merde.
Si par hasard certains sont arrivés ici pour avoir de mes nouvelles, appelez-moi plutôt pour l'apéro, en ce moment j'suis dans ma phase rencontre. Je raconte pas.
Je rigole pas mal, aussi.
Treduder, 16/06.
15 juin 2008
Délire introductif en claquant des doigts

Ah, un beso, besito
Ah, abajo, abajo
Ah, te quiero, te quiero
Ah, adentro, adentro
Que me gusta tu sabor mi amor
Que me gusta tu cuerpo extraño
Junto a mi su divina calor
Me gusta tu voz, tu piel, tu culo
Vengo como el agua de mayo
Inundar tu tierra tan sedienta
Mientras que la penetro con gusto
La abras y por tu boca canta
Ah, adentro, adentro
Ah, eso, eso, eso
Ah, te quiero, te quiero
Ah, un beso, besito
Que me gusta tu sabor mi amor
Que me gusta tu cuerpo extraño
Junto a mi su divina calor
Quedate, quedate a mi lado...
Kern, 9/6/8
14 juin 2008
Ivi Kromm déclare
Au nom de tous ceux qui le voudront bien, Ivi Kromm déclare:
Merci aux Irlandais.
Merci d’avoir dit NON, merci d’avoir osé défier la machine, bravo de ne pas avoir cédé à la trouille que j’imagine on a tenté de vous foutre. Nous sommes des millions, nous sommes des milliards, nous sommes un peuple entier à ne pas en vouloir. Nous sommes avec vous. Nous, le peuple, l’unique peuple qui se constitue face à l’ennemi commun : les esclavagistes.
Car on en est là. Et c’est le seul mot qui me vient, puisqu’il ne s’agit plus de noblesse, plus d’aristocratie, plus de bourgeoisie ou de quoi ou de qu’est-ce, plus même de politique, puisqu’il s’agit de nous, de l’homme sans défense face à celui qui joue avec armes et violence.
Vous redonnez de l’assurance à ceux qui vacillaient, pulvérisez les « c’est du franco-français », vous destabilisez notre magnificence, son altesse joggueuse, vous préférez la France. Vous vous battiez encore quand nous les bâillonnés acceptions notre sort après la lutte armée, nous allions à l’échec, nous allions à la mort, vous vous interposez et sauvez nos efforts. Car oui, car toujours, on en est là.
Il avance, il avance ce monde dont nous ne voulons pas.
Il avance ce monde DONT NOUS NE VOULONS PAS !
13/06/08, Treduder.
Jean Ferrat, Potemkine.
13 juin 2008
La zone
De retour dans la zone, j’attends
On m’a fouillé, regardé
Sous toutes les coutures
Vérifié mes papiers
Observé ma figure
Et placé dans la zone où j’attends.
Au milieu d’un désert de déchets, de buildings
Qu’on ne traverse à pieds qu’en cas de catastrophe
J’ai été trimballé de parking en parking
A cet énorme endroit où l’on vent des étoffes,
Où l’on vent des produits luxueux et mondains
Au son de morceaux creux supposés à la mode
Qui apprécie ce monde où l’on respire en vain ?
Se voulant libre il est pourri de codes.
Je vais entrer dans la machine
Qui va me transposer
Sur une terre voisine où l’on va me sauver...
Et nous irons alors oublier ces moments
Dans un troquet en ville où d’innombrables gens
Des petits, des tranquilles parleront du temps.
Et sans entraves enfin: je serai sans tourments.
Birmingham 04/05/08
Tricky & PJ Harvey, Broken homes.
12 juin 2008
La science ne permet même pas un explication scientifique des choses
Je viens d’enlever mes lentilles et de retrouver dans une poche de ce cuir que m’a dégotté Eleanor Mckillop mes lunettes défoncées et avec un verre en moins. Après quelques manips au son des Experts – version originale – je les rechausse. Où suis-je ?
Je suis avachi dans sur un lit très confortable avec armature dorée, très kitch. La chambre est petite et très comme le lit : bourgeoise, luxueuse, petite cheminée en bois, petite table de nuit, petite lampe de chevet, gros rideaux d’un chaud tissu autour de la fenêtre : la nuit tombe. Vas savoir comment je me suis retrouvé là. Enfin si, je sais, mais c’est tellement incroyable, absurde, moi, le jeune baroudeur à l’allure décalée, aux basquets crottées (et ce n’est pas une image), je me retrouve dans un intérieur coquet de bonne femme anglaise. Je ne sais pas combien les gens payent pour ça, mais en tous cas c’est hors de mes moyens. Ma foi je vais bien dormir !
Bêtement je me laisse emporter par cette série américaine où il semble normal de prendre un détective privé pour se protéger de son ex-petite-amie aux envies de meurtre – évidemment il et elle correspondent aux stéréotypes de ce que l’époque trouve excitant et ni l’un ni l’autre ne semble stressé, anxieux ou préoccuppé, plein d’assurance qu’ils sont dans leurs villas à deux étages avec piscine. Si ma chambre était un peu plus large et que j’étais, mettons, mannequin, directeur de banque ou étudiant gigolo, je ferais presque partie de ce monde et demain matin je trancherais discrètement la gorge de mon hôte avant de monter dans l’avion, mes grosses lunettes de soleil sur le nez et mon cuir sur l’épaule. Mais pourquoi la tuerais-je ? Je ne lui dois rien, elle ne me fait que du bien, c’est un grand branleur du nom de Matthew qui m’a géré le coup après avoir perdu sa sœur. Qu’a-t-il à y gagner ? Cache-t-il quelque chose dans son établissement le salop ? Je vais le faire chanter avant qu’on se fasse tous les deux prendre par les flics en chemise à fleur et une belle plante plus que fière le fera tourner en bourrique dans son énorme bureau avant de se faire troncher par son collègue ou moi-même dans un coin de salon ensoleillé grâce à une grande baie vitrée. Tout devient fou, les indices sont évidents, il y en a partout, sur chaque objet on découvre des fausses blondes infilitrées et on ne sait plus qui est qui, chacun a fait quelque chose et la science ne permet même pas un explication scientifique des choses. Mystère total et bientôt, les criminels vont sortir des menottes d’un tiroir pour arrêter les flics après l’amour. PUB.
J’ai été seul au resto et me suis fait un repas local pour pas cher, baked potatoes, garlic bread avec sauce brune, puis j’ai pris une pinte et des Sky dans un beer garden tenu par un vieux babacool barbu en diable, les cheveux gris jusqu’au milieu du dos. Faut que je dorme. Demain je prends le train à 5H. Je crois que j’ai l’un des départs les plus particuliers. A la gare, j’ai recroisé l’HOMME par hasard et c’est dommmage car il ne s’est rien passé. J’avais les aisselles cisaillées par mon gros sacs sans lanières.
Assez parlé, y a mes dents à laver et mon diamant à faire briller dans le miroir, et puis l’autre à qui je vais faire son affaire dans ce gros lit de riche.
Borth, 3/6/8 vers 22h.
PS : la bonne nouvelle c’est que j’ai bu des mélanges avec Ania et des gens bizarres et que la baroudeuse m’a envoyé un p’tit message. Je vais bien, je vais mal, c’est bien, c’est mal, c’est bien… c’est mal… c’est…
11 juin 2008
Il y a quand même Linda.
Je ne vais pas à Paris. Je n’y vais jamais, je n’y ai jamais été, j’y suis passé vite fait en bus dans un sens et dans l’autre entre gare de Lyon et Montparnasse. Je n’ai pas aimé, comme tout le monde le sais, je n’ai pas aimé les connards qui offrent et reprennent des bouquins au pied de la tour effrayante, les pigeons qui te fondent dessus, les bus à 1,40 et les chauffeurs désagréables, l’inflation du bar à la salle et de la salle à la terrasse, l’absence de cendrier à l’époque où l’on tentait une gauloise dans les cafés, les travaux, les voitures folles qui démarrent en trombe, le danger donc de traverser la rue, la route, la quatre voies, on ne sait plus trop… Non.
Je n’aime pas Paris, aussi, parce que c’est la première ville française défigurée, comme c’est la mode depuis quelques années. Où est le Paris de Dutronc ? Il n’est plus visitable. Il est mort, il est plein de morts qui font la gueule et qui ont le SIDA. Ils ont tous le SIDA, et ceux qui ne l’ont pas ont tellement peur qu’ils se protègent de tout, les rues sont presques propres sauf ces trucs dégueulasses qu’on ne comprend pas comme les bruits. Ça pue, aussi. C’est dur. Pas comme la pierre, non, la pierre est partout. Comme une masse goudronneuse informe étalée sur la surface. Et cette sensation d’être dans une zone protégée, avec, autour, la pression de ces tours d’indésirables. Stress, peur, horreur.
Et c’est ça la fierté de la France. Alors non, certainement pas, je ne vais pas aller leur faire le plaisir de visiter cette grosse merde où quelques groseilles sont déposées. C’est comme la grosse pomme : elle est pourrie. Tout est pourri. Parait-il qu’en ce moment, c’est la cité phocéenne qu’on pourrit. Allez la sauver! Ignorez les parisiens pourris et malades qui perdus ne sachant plus que faire pour grandir et grandir encore débarquent devant vous plein de prospectus qui font mal aux yeux et gesticulent violemment en criant « visitez ! découvrez ! venez ! venez ! venez ! ». Et savoir qu’en ces lieux sont les plus fous, les plus dangereux, ceux qui ont gagné le pouvoir et qui de leurs tours d’ivoire depuis des siècles dirigent l’oppression sans se rendre compte que leur propres machines de destruction des bases des constructions populaires sont aujourd’hui presque libres et s’attaqueront bientôt aux bases de ces mêmes tours et que rien ni personne ne les contrôlera, peut-être un savant fou dans un amas de détritus argentés,...
Visitez tout protégez-vous, préparez-vous, ne soyez pas vous-même, inventez-vous, disparaissez et finissez là par terre sous une couverture sale dans la fumée, malheureux et informes, le mal vous rongeant et des vaisseaux passeront toujours plus haut dans un ciel envahi de métal laissant tomber sur vous de temps à autre les déjections de ses esclaves et quelques déchets nucléaires car après tout il faut bien les mettre quelque part la mer est pleine pleine à craquer et elle déborde, elle déborde mais ici, à Paris, on en est loin malgré les plages artificielles et quand la Seine montera sur vos trottoirs, clochards désanchantés, vous nous supplierez encore de vous envoyer nos déjections d’esclaves du haut de nos palais, ceux que les machines se seront construites, vous verrez, vous verrez, ce sera ébourriffant et fabuleux, donnez, donnez vos pièces.
Kern, 8/7/8
An Pierlé, Il est cinq heures, Paris s'éveille.
10 juin 2008
Kan brezhoneg
Vu le titre, vous imaginez bien que mon cerveau est dans une drôle de période...
J'vous explique pas non plus, hein, qu'il y a des voix, des répétitions, des BRIDGES mais voyons, c'est une chanson!

Me ‘m oa un dousig koant, pell ‘zo, pell ‘zo bremañ
Un laouen, un dispar, un ‘viton ma-unan
’Treomp, karantez gwir, karantez bugale
Ur c’harantez brasoc’h ‘vit hini mamm gozh ‘vit ‘n otro Doue...
Ha mump oa sod, oa sod an eil gant egile
Mump oa yaouank ha foll ha bemdez, ha bemdez
Mump ‘hae da c’haloupat ha hi ‘drailhe he broz
En pep ostaleri n’ur ‘dañsal ‘hed an noz:
Falali
Da Falalidada
Da Falalidade
Da Falaliridell
Falala
Da Falalidade
Da Falalidada
Da Falalalalala…
War don ur ganaouenn ‘zo aet deus ma fenn aboe
War don ur ganaouenn na vez ket kanet ken...
Pezh ’zo oa ret din mont kuit un deiz
Pezh ‘zo oa ret din studial
Ha ‘vit-se mont d’ar ger vras
Pell deus Bro Tudual…
Ha bloaz, bloaz hir war-lerc’h oh me oa distroet
Da welet ma dousig oh ma muian karet
Pezh ‘zo oa kroget an dud deja
Pezh ‘zo… ‘oa kroget an dud deja
Tout ‘sambles tro-dro dezhi
(… )
Da ganan ur ganaouenn ‘zo aet deus ma fenn aboe
Da ganan ur ganaouenn na vez ket kanet ken.
Kern, 7/6/8
Bô j'ai pas mal de choses à vous dire sur la page qui s'est tournée, mais c'est dans mon cahier bleu, alors laissez moi le temps, hein.

